Enfin un sujet sérieux ^^
Je développerai plus tard les aspects nutritionnels, pratiques et écologiques d'un mode de vie vegan, le propos de ce soir portera uniquement sur la question de l'exploitation. J'emploierai le
terme d'humain pour éviter la confusion avec l'homme = le mâle.
Pour ceux qui auraient quand même l'idée de lancer un débat sur le végétarisme ou un truc dans le genre, lisez d'abord ceci, et si vous êtes toujours partants on en parle après !
Plaçons nous dans un cadre idyllique tel que le souhaitent la plupart des gens. Une grande ferme bucolique, des prés, des animaux heureux, choyés, un abattoir sans la moindre souffrance ni le
moindre stress. Bref un animal exploité mais dont on respecte le bien être. Dans ce monde, manger et utiliser des animaux ne pose aucun problème écologique ni sanitaire, et l'on peut se très
facilement se vêtir et se nourrir sans eux.
Qu'est-ce qui justifie alors l'exploitation de l'animal par l'humain ?
On me fait régulièrement les réponses suivantes :
- Parce qu'on a toujours fait comme ça.
Si on y réfléchis un tant soit peu cette réponse ne tient pas la route. Depuis quand agit-on exactement comme nos ancêtres pour perpétuer la tradition ? De tous temps les peuples opprimés ont
finit par se révolter, l'histoire, bien que cyclique selon certains spécialiste, a régulièrement été bouleversée : changement de régime, invention de l'écriture, des livres... Si vraiment
quelqu'un pense qu'il faut agir "comme on a toujours fait" alors il n'utilisera pas d'ordinateur car "on a toujours utilisé des journaux, des livres et des machines à écrire".
A moins que notre modèle de vie ne soit une espèce d'homme préhistorique, cet argument n'est donc pas valable à première vue.
En fait cet argument pose le doigt sur nos traditions. De tout temps l'humain a cherché à conserver ses traditions, certains étant plus conservateurs que d'autres. Aujourd'hui nous voyons le
problème avec le féminisme : les femmes, de tout temps exploitées comme des sous personnes (elle n'avaient même pas d'âme à une certaine époque !), ont finit par demander l'égalité. Dans l'idée
ça paraît être une évidence, en réalité le problème est plus complexes et les choses sont longues à changer.
Quelque chose d'aussi ancré et surtout quotidien que l'exploitation animale est donc elle aussi très difficile à remettre en question.
- Parce que ce ne sont que des animaux.
Nous sommes aussi des animaux. Biologiquement rien ne nous démarque.
- Parce qu'ils sont moins intelligents.
La question de l'intelligence est complexe. D'abord parce qu'on la mesure par rapport à l'être humain, nous sommes notre propre point de comparaison, quoi de plus subjectif ?
Ensuite, si être plus intelligent qu'une autre créature doit nous donner droit de vie ou de mort sur elle, alors les surdoués auraient le droit de nous parquer dans des fermes et de nous manger,
tout comme nous aurions droit de manger des handicapés mentaux. C'est là que ça coince, parce que ça nous paraît impensable.
Cet argument là choque beaucoup, parce que "les humains c'est pas comme des animaux", pourtant il faut voir les choses en face : pour certaines personnes au quotient intellectuel élevé nous
humains "normaux" sommes plus proches d'un animal que l'on mange que d'eux même.
De plus nous ne sélectionnons pas les animaux que l'on mange en fonction de leur intelligence. En prenant le système de mesure d'intelligence communément admis, si l'on ne mangeait que des
animaux peu intelligents, jamais nous ne mangerions de poulpe, de porc ou de cheval, nous préférerions l'huître au boeuf.
Aujourd'hui la hiérarchie entre les animaux ne se fait pas par l'intelligence mais par leur degré de proximité avec nous.
Je pense notamment au tabou de la viande de chat, chiens, et autres animaux mignons.
- Parce que c'est bon.
Le goût. Argument suprême, qui vise à clore chaque débat comme s'il primait sur tous les autres, comme si face au goût plus rien n'avait d'importance.
Présenté comme ça l'argument du goût semble bien faible. Pourtant il révèle bien des choses.
En effet, dès l'arrêt de l'allaitement nous sommes nourris au lait de vache, avant même d'apprendre à manger. Puis on nous serine sans cesse qu'il faut "manger de tout", y compris des animaux. De
nombreuses études montrent que le goût s'éduque très tôt. Les habitudes alimentaires sont très difficiles et longues à change, surtout quand nos bons souvenirs de fêtes sont liée à la
consommation de beaucoup d'animaux. Comment alors envisager de ne pas les exploiter pour conserver tous ces plaisirs ?
Le goût me semble etre finalment l'obstacle majeur à l'arrêt de l'exploitation animale, il rejoint les traditions.
- Parce que c'est pratique.
L'idée rejoint celle du goût et des difficultés de changer ses habitudes, le tout porté à l'échelle des industries.
Mais dans notre cadre idyllique nous pouvons nous vêtir autrement, donc l'argument ne tient plus.
- Parce que l'humain est un omnivore opportuniste.
Les adeptes de l'état de nature et du lion qui mange la gazelle seront ravis : voilà une comparaison avec l'oursqui a l'avantage d'voquer un animal omnivore. On peut aussi comparer avec le
rat mais là tout de suite c'est moins classe.
C'est vrai, l'humain est un opportuniste, c'est dans sa nature de manger ce qu'il aime et ce qu'il trouve. Après tout l'ours affamé ne se gênerait pas pour nous transformer en pâté.
A cela je répondrait d'abord que nous somme capables de réaliser que nous pouvons faire autrement (l'ours n'a pas ce genre de tribulations) et aussi que dans ce cas, l'ours ne nous exploite pas.
La question de la chasse.
La chasse est de plus en plus controversée. D'un côté de nouvelles lois tendent à la valoriser comme patrimoine et tradittion, de l'autre des défenseurs des animaux s'offusquent qu'on puisse
faire de la mort un loisir agréable.
Pourtant si l'on regarde objectivement, la chasse est le seul moyen d'obtenir de la viande et du cuir sans exploiter l'animal, qui vit librement jusqu'à sa mort. Si le chasseur n'utilise que les
produits de ce qu'il chasse, alors il n'a pas exploité l'animal, il se sera simplement approprié sa vie.
Cette pratique est à mon sens bien moins condamnable que l'exploitation de la vie entière de l'animal.
Pour conclure, il semblerait que l'exploitation animale ne perdure que par habitude, en raison des difficultés à les changer.
Je vous invite à me donner d'autres arguments en faveur de l'exploitation animale si vous en avez, ils m'aideront à compléter cet article.
Tout au long de l'article j'ai posé des liens vers le blog les questions composent, très bien fait, les articles sont fins et très
réfléchis, je vous invite vraiment à les lire =) Les articles d'Insolente Veggie ont plutôt pour but de rire un peu mais sont aussi très vrais
^^
Cet ariticle n'est qu'un début, mais c'est une question tellement vaste qu'il faut faut bien commencer quelque part...
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